Gestion des filières boues et Covid-19
Gestion du service (AC)En cette période de crise sanitaire, les services publics d’eau potable d’assainissement font partie des services publics essentiels.
La question de la gestion des boues se pose comme une vraie problématique d’exploitation des petits et moyens systèmes d’assainissement collectif.
En effet, alors que l’OMS avait indiqué que le risque d’exposition au virus était faible à négligeable au travers du vecteur "eaux usées", la question de la subsistance du COVID-19 dans les boues d’épuration urbaines s’est toutefois légitimement posée aux acteurs de filière boues.
Les ministères en charge de l’environnement et de l’agriculture ont donc questionné l’Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) afin d’évaluer sur la base des connaissances actuelles :
- Le risque de propagation du COVID-19 via la valorisation agronomique des boues d’épuration urbaines ;
- L’efficacité des principaux traitements appliqués aux boues d’épuration et notamment ceux d’hygiénisation pour l’abattement du COVID-19.
L’avis rendu par l’ANSES le 27 mars 2020 comporte plusieurs recommandations, en partie dictées par le principe de précaution, et suivies par les services de l’Etat.
Les préfectures sont ainsi amenées à faire appliquer les décisions suivantes (cf. Circulaire ministérielle du 02/04/2020 - FAQ sur l'application de la circulaire du 2 avril 2020 (Juin 2020) :
- Pour les boues extraites AVANT la survenance de la crise sanitaire (24 mars 2020 en Seine-Maritime) : Maintien des exigences réglementaires actuelles (arrêté du 08 janvier 1998) pour l’épandage des boues d’épuration urbaines ;
- Pour les boues extraites APRES la survenance de la crise sanitaire (24 mars 2020 en Seine-Maritime) :
- Possibilité d’épandage des boues urbaines ayant fait l’objet d’un traitement d’hygiénisation, moyennant le renforcement de la surveillance du process de traitement apportant la preuve de la bonne hygiénisation des boues ;
- Interdiction de l’épandage jusqu’à nouvel ordre des boues d’épuration urbaines ayant fait l’objet d’un processus d’hygiénisation insuffisant ou n’ayant pas subi un tel processus.
En l’absence de recul sur la présence et la persistance du Covid-19 dans les boues d’épuration, ces décisions sont prises pour une durée indéterminée.
A noter également que les boues produites avant le début de la crise sanitaire mélangées à des boues produites après cette date sont considérées à ce jour comme non épandables.
Les procédés d’hygiénisation retenus sont les suivants :
- Séchage thermique,
- Compostage,
- Méthanisation thermophile,
- Chaulage.
En Seine-Maritime, aucun système d’assainissement collectif ne dispose de procédés d’hygiénisation des boues répondant au niveau de garanties figurant dans l’avis de l’ANSES.
Les procédés de chaulage mis en place permettent uniquement une stabilisation. Cependant, le suivi et l’obtention du niveau de qualité de boues décrit dans l’article 16 de l’arrêté du 08 janvier 1998 combiné aux exigences de la circulaire (suivi du pH) pourra permettre de justifier de l’hygiénisation des boues. Il est donc possible que les installations de chaulage existantes permettent d’atteindre les prescriptions d’hygiénisation.
En cette période printanière d’épandage des boues d’épuration urbaines et en prévision des campagnes de fin d’été, ces obligations modifient radicalement l’organisation des filières boues ne disposant pas de traitement hygiénisant.
Il convient alors que chaque collectivité compétente mette en œuvre des solutions alternatives à l’épandage.
A ce stade, les solutions théoriques s’offrant aux collectivités pour la gestion de leurs boues urbaines sont notamment les suivantes :
- Mise en place d’unité mobile de déshydratation et de chaulage ;
- Transfert des boues d’épuration urbaines vers un autre système d’assainissement, permettant le traitement hygiénisant ;
- Evacuation sur installation de méthanisation thermophile ;
- Evacuation vers centre d’incinération (boues de STEP ou déchets ménagers) ;
- Evacuation vers plate-forme de co-compostage ;
- Stockage temporaire ;
La possibilité de mobiliser des unités mobiles de déshydratation et de chaulage à une grande échelle pour plusieurs services dans une unité de temps identique s’avère quasi-impossible.
Le transfert des boues vers des centres d’incinération de boues urbaines existants en Seine-Maritime (Le Havre, Rouen et Saint-Aubin-Lès-Elbeuf) est une possibilité, mais il convient d’en étudier la faisabilité technique.
Les plateformes de co-compostage sont d’ores et déjà en tension en ressources de déchets verts, et ne pourront donc certainement pas subvenir à l’ensemble des besoins.
Notons également qu’à ce jour, l’enfoui
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